La Machine à en découdre
26/05/2017 -
Affiches post-punk, vintage ou trash aux murs, égayées de slogans contestataires, la Machine à Coudre est une de ces micro-salles où le rock a toujours droit de cité à Marseille, comme si rien ne bougeait autour. Pourtant, tout bouge, c'est certain, mais à la Machine, le rock (généralement local) aime à en découdre. Même s'il semble parfois tourner dans une immense boucle.
Ainsi l'autre soir, un groupe de quinquas résumé à sa plus simple expression, un batteur-frappeur et un guitariste chanteur, assumaient en vrac et en duo l'héritage du rock-garage, du blues, du punk et parfois même du hard dans une frénésie acoustique teintée de plages formidablement profondes dans leur sombres douceurs. Ils assumaient aussi leur propre héritage, celui d'Elektrolux, groupe "local", certes, mais qui a connu une véritable notoriété au-delà de nos "frontières". "On a préféré s'arrêter quand tout était bien", expliquera Cédric, le chanteur. Amen. Tant qu'ils font ici et là ce genre d'apparition, cette fois sous la formule Shiloh, on peut considérer que le pari du plaisir (le leur et celui du public) est réussi (photo du haut).
Après eux, une bande de quadras (ils étaient 5, comme pour compenser la simplicité binaire du duo qui les avait précédés) a plongé avec vitalité dans des seventies psyché auxquelles, il faut l'avouer, on n'est plus guère habitués. Pas de chant pour Moon Râ ("surtout pas !", s'exclament-ils en coeur si on les questionne), mais une ambiance qui s'installe au fur et à mesure de la progression des morceaux. Se revendiquant "les petits-fils d'Iron Butterfly", soutenus par des projections kaléidoscopiques qui vous mettent l'esprit en condition, les Moon Râ (photo du bas) avancent avec succès pour finir sur deux titres au rythme soutenu qui rapprochent le psychédélisme d'une veine presque tribale. Et petit à petit l'auditeur, surpris au début, est bien obligé d'y venir. Hypnotique. "C'est le but...", sourit avec malice Laurent, le clavier du groupe.
P.CB
Prochains rendez-vous à La Machine à Coudre : Sweat Like An Ape ! + Oromocto Diamond le samedi 27 mai // Lamort + Sound Of Zardozz + Cul-cultura le samedi 2 juin.
photos © coolpop agency

